Le Kumano Juku Dojo
En 1954, à la demande de Maître Morihei Ueshiba, un dojo d'Aïkido est construit à Shingu. En 1957, O Sensei lui décerne le Makimono du Masakatsu Bo-Jutsu, le bâton long de l'Aïkido." En 1957, en été, vers 1 h du matin, O-Sensei me dit de me lever et de le suivre. Nous sommes allés au dojo et nous avons pratiqué le Ken, sabre de l'Aïkido (Sho Chiku Bai No Ken, ainsi nommé par O Sensei depuis 1942). O Sensei me demande de l'attaquer avec mon Ken et en faisant plusieurs attaques, j’ai senti que le bout du Bokken de O-Sensei avait été coupé. On arrête l'entraînement et je cherche le bout cassé du sabre en bois mais je ne le trouve pas. O-Sensei me dit alors : "Qu'est-ce que tu cherches Michio San ? C'est ça que tu cherches ?". Et il sortit de son keikogui (vêtement d'entraînement) le bout cassé de son bokken. Normalement, un bout cassé de bokken se disperse; comment se faisait-il que le bout soit à l'intérieur du keikogui de O-Sensei ? Je ne comprends rien. J’ai pensé, à ce moment-là, que O-Sensei était comme un Dieu." C'est à la suite de cet entraînement qu'il lui enseigne le "secret" du Sho Chiku Bai No Ken et lui remet le Makimono (rouleau) du Bo-Jutsu : Bo-Jutsu Masakatsu (ainsi nommé par O Sensei) Oku Hissaden. Ce rouleau comprend les dessins et les explications du Bo-Jutsu de Maître Morihei Ueshiba. Les dessins ont été exécutés par Kanda Massami et le texte est de O-Sensei lui-même. Hikitsuchi Michio Sensei continue à se dévouer à Maître Morihei Ueshiba, toujours auprès de lui quand il vient à Shingu, à l'occasion de ses nombreuses visites, l'accompagnant dans ses pèlerinages à Hongu (ville dont le célèbre temple était très cher au cœur du fondateur de l’Aïkido) et à Natchi dont la cascade est toujours aussi envoûtante à regarder.
Le 10 janvier 1969, Hikitsuchi Sensei reçoit directement des mains de Maître Morihei Ueshiba le 10e dan en présence de Maître Kubokatsu Hiroo, aujoud'hui décédé et à qui O-Sensei avait enseigné pour la première fois l'Aïkido à Shingu. En lui décernant le 10e Dan, Maître Morihei Ueshiba lui dit "Je t’ai tout donné Michio San ; aujourd'hui je te donne le 10e Dan ; accroche-toi".
1969 est une année très éprouvante pour Hikitsuchi Sensei. En effet son fils meurt soudainement le 20 mai. A ce moment-là, Sunado-Mari Fukiko (sœur de Maître Sunadomari, professeur d'Aïkido dans le Kyushu), qui comprend les choses spirituelles et qui s'est occupée de O Sensei pendant 40 ans, lui dit "votre fils est allé auprès de O Sensei à votre place". Mais malgré ces paroles réconfortantes, Hikitsuchi Sensei est dans un état de tristesse extrême. C'est à ce moment-là qu'il pense qu'il doit développer et transmettre l'Aïkido tel que le fondateur le lui a enseigné dans le monde entier pendant toute sa vie
Le dojo de Shingu s'agrandit. En 1973, on inaugure un dojo de 131 tatamis. Les étrangers sont de plus en plus nombreux à venir, en particulier les Américains. C'est ainsi que Hikitsuchi Sensei, accompagné des professeurs de son dojo, se rendra aux Etats-Unis en 1974 et en 1978. En 1984, c’est le premier séjour en France ; il se renouvellera chaque année jusqu'en 1987; une association est par ailleurs créée pour mieux le recevoir et assurer la continuité de son enseignement. Mais en 1988, Hikitsuchi Sensei tombe gravement malade et il doit subir deux interventions chirurgicales importantes. A la suite de la deuxième, comme il le narre lui-même d'une façon humoristique : "Je suis monté au ciel mais quand le dieu m'a vu, il m'a ordonné de redescendre sur terre, car c'était trop tôt et je devais continuer à enseigner l'Aïkido" . Heureusement Hikitsuchi Sensei lui obéit et, confiant, il guérit rapidement.
En mars 1991, il reçoit au Nihon Budokan de Tokyo des mains de Maître Kishomaru Ueshiba le diplôme et la décoration pour sa contribution particulière depuis plus de 50 ans à l'enseignement et au développement de l'Aïkido. Ces stages dureront jusqu’en 1998. Mais sa santé se dégrade, et il lui est impossible de revenir en Europe. Il continuera cependant de enseigner dans son dojo de Shingu, aidé par les plus anciens membres du dojo. Mais en 2004, son corps est épuisé, et il ne peut plus continuer à vivre sur terre. Il meurt le 2 février 2004.
Il reçoit alors le nom bouddhiste SHIN KI GEN IN DEN SAIMIN EIKETSU KOJI I : EIKETSU : Le grand homme KOJI : Bouddhiste laïque SAIMIN : Soulager la souffrance des gens. Un Nom mérité, lui qui toute sa vie avait voulu se mettre au service de Maître Morihei Ueshiba et enseigner son Art dans le monde entier, cet art qui a pour espoir de construire le monde comme une grande famille.
- 1954 — Construction du dojo
- 1957 — Makimono Masakatsu Bo-Jutsu
- 1969 — le 10e dan
- 1973 — le dojo s'agrandit
« Ce que nous pratiquons n'est pas Aïkido !
C'est l'entraînement à l'Aïkido. Un jour, de la pratique, sort le vrai Aïkido."
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Hikitsuchi Michio Sensei 10e dan