MORIHEI UESHIBA

O-Senseï

Fondateur de l'Aïkido

Cet homme extraordinaire a commencé à s'entraîner aux arts martiaux dès son plus jeune âge et à 19 ans, il s'est initié à différentes disciplines. Il a ensuite créé son propre art martial, unique en son genre, en s'appuyant sur son expérience.

Les grandes périodes

Découvrez le cheminement de O-Senseï à travers trois périodes de sa vie. Cliquez sur chaque étape pour en savoir plus.

1883 ~ 1919

De 0 à 36 ans

Les épreuves et le cheminement solitaire de sa jeunesse.

  • Sa naissance (1883) : Morihei Ueshiba est né le 14 décembre 1883 dans le village de Nishinomoku (actuelle ville de Tanabe), dans le district de Nishimuro, préfecture de Wakayama.
  • Sa constitution et son éducation : Enfant, il était de constitution plutôt fragile et maladive. Pour se renforcer physiquement et mentalement, il s'est tourné vers le sport et la pratique sous l'influence et les encouragements de son père.
  • Le départ pour Tokyo : Désireux de devenir plus indépendant, il part plus tard s'installer à Tokyo pour y ouvrir un commerce de fournitures de bureau.
  • L'aventure à Hokkaido (vers ses 30 ans) : À l'âge de 29 ans, il prend la tête d'un groupe de colons (les colons de la préfecture de Wakayama) pour s'installer à Hokkaido afin de défricher les plaines de Shirataki (dans le district de Monbetsu). Il y est devenu une figure locale respectée et dynamique, souvent surnommé le « Roi de Shirataki » en raison de son leadership et de sa force.
  • La rencontre clé : C'est durant cette période à Hokkaido qu'il fait la rencontre déterminante du maître Sokaku Takeda, le grand maître du Daito-ryu Aiki-jujutsu, et commence à étudier intensément sous sa direction. Cette rencontre marque son retour profond et définitif vers la voie des arts martiaux.
Naissance et éveil aux arts martiaux (Budo).
Premiers pas sur le tatami, années 1980 1920 ~ 1941

De 37 à 58 ans

L'aube de l'Aïkido.

  • Le tournant spirituel (1920) : Profondément affecté par la mort de son père à la fin de l'année 1919, Morihei Ueshiba décide de s'installer à Ayabe (près de Kyoto). Il y intègre la communauté spirituelle Omoto-kyo dirigée par Onisaburo Deguchi. Il y gagne rapidement une confiance absolue et commence à enseigner les arts martiaux au sein de cette communauté, ouvrant son premier dojo appelé l'« Ueshiba Juku ».
  • L'évolution technique : C'est durant ces années qu'il commence à s'éloigner des techniques purement destructrices du combat pour chercher une harmonie entre le corps et l'esprit. Il commence à développer ses propres théories martiales basées sur le contrôle de soi et l'intégration de la spiritualité.
  • La naissance de l'Aïkido (1922 ~ 1927) : En 1922 (Taisho 11), son art prend d'abord officiellement le nom de Aiki-bujutsu (puis Aiki-budo). Il déménage ensuite à Tokyo en 1927 (Showa 2) avec sa famille pour y établir définitivement sa réputation de maître d'art martial exceptionnel. Son enseignement attire de nombreux élèves et disciples influents, posant les bases solides de ce qui deviendra l'Aïkido moderne à l'aube de la Seconde Guerre mondiale (1941).
L'éveil spirituel : Passer de la « technique » (Jutsu) à la « voie » (Do).
Premiers pas sur le tatami, années 1980 1942 ~ 1969

De 59 à 86 ans

La diffusion de l'Aïkido.

  • La retraite à Iwama (1942) : En pleine Seconde Guerre mondiale (1942), Morihei Ueshiba décide de quitter Tokyo pour s'installer à Iwama (dans la préfecture d'Ibaraki). Il y met en pratique le concept de Bu Nô Ichi Nyo (l'union de la pratique martiale et du travail de la terre), cultivant le sol tout en purifiant son esprit. C'est à Iwama qu'il construit l'Aiki Jinja (le sanctuaire de l'Aïkido) et un dojo en plein air, perfectionnant la philosophie de paix et d'harmonie qui caractérise l'Aïkido moderne. Le nom « Aïkido » est d'ailleurs officiellement enregistré durant cette période.
  • L'après-guerre et la diffusion mondiale : Après la guerre, alors que la pratique des arts martiaux est temporairement restreinte au Japon, l'Aïkido se réorganise autour du Hombu Dojo (dojo central) de Tokyo sous l'impulsion de son fils, Kisshomaru Ueshiba. L'art commence à se propager non seulement à travers tout le Japon, mais aussi à l'échelle internationale, touchant des pratiquants du monde entier.
  • Reconnaissance publique et fin de vie : Devenu une figure vénérée, Morihei Ueshiba reçoit plusieurs distinctions prestigieuses du gouvernement japonais pour sa contribution culturelle et martiale, notamment l'Ordre du Soleil Levant.
  • Sa disparition (1969) : Le fondateur s'éteint le 26 avril 1969 à l'âge de 85 ans (il entrait dans sa 86e année selon le décompte traditionnel), laissant derrière lui un héritage martial universel axé sur la résolution pacifique des conflits.
Maîtriser l'essence : L'unité des arts martiaux et de l'agriculture (Bu Nô Ichi Nyo).

Texte de référence

D'après le Mémorandum paru — en anglais — dans le journal de l'Aïkikaï « The Aïkido » en 1988

Les principaux composants de la pratique (keiko) de l'aïkido sont les exercices mettant en œuvre le Ki et le principe de Tanren (tanren ho). Le type le plus extrême de pratique du ki est le véritable duel à mort. Originellement, la compétition que l'on rencontre dans la plupart des sports est absente des budo. La raison en est que dans les budo une compétition entraîne inévitablement un risque de blessures graves ou de mort. Qui plus est, rechercher le combat est une grande faute, car blesser quelqu'un mortellement est le crime le plus grave que l'on puisse commettre. Au Japon, depuis les temps les plus reculés, le principe directeur du budo est d'éviter de blesser ou de tuer son adversaire. Le véritable budo est la voie de la grande harmonie et la purification du corps et de l'esprit (misogi). En d'autres termes, le budo est régi par le principe qu'avant de pouvoir agir sur l'ordre de la Terre et du Ciel, on doit se corriger soi-même et se plier aux Dix mille choses. C'est pourquoi je suis particulièrement attristé par l'enseignement de ceux qui ignorent le vrai budo dont je parle et qui sont tombés dans les formes militaristes des arts martiaux qui se sont développés plus tard dans l'histoire de notre pays.

Nombreux sont ceux qui pensent que je n'ai jamais perdu ni connu d'échecs. Ce n'est pas vrai ; en vérité j'ai connu de nombreuses défaites dans le passé, causées la plupart par mon manque de cœur. Une fois, je me suis rendu dans la préfecture de Kanagawa pour faire une démonstration d'aïki et enseigner aux forces de police locales. J'y ai été accueilli par mon partenaire, qui s'est trouvé être un professeur de judo de grande taille. Au cours de la démonstration, alors que j'essayais d'expliquer quelque chose, mon partenaire a résisté et je me suis blessé au poignet.

La conséquence de cette expérience fut, néanmoins, de me donner une importante leçon spirituelle : ne pas agir contrairement à la Voie, et toujours persister dans l'amour de mon partenaire. C'est à la suite de cela que j'ai résolu d'adopter entièrement une attitude d'amour véritablement miséricordieux. J'ai connu un autre échec dans le passé dans un petit village de pêcheurs où je m'étais arrêté au cours de mes voyages à travers le pays. J'y rencontrai un lutteur sumo amateur trapu : il faisait bien 1 mètre 80 et pesait quelque 100 kilos. Aussitôt il me mit au défi de combattre avec lui, ce que j'acceptai. Je n'ai pas été battu, mais je fus incapable de le saisir à cause de la sueur qui rendait son corps extrêmement glissant. Après un temps, nous commençâmes tous deux à nous fatiguer et c'est alors que je découvris la manière mystérieuse de maîtriser quelqu'un d'un seul doigt en manipulant son ki. C'est ainsi qu'est né le principe Aïki de Tanren.

Si vous regardez mon passé, vous constaterez que j'ai connu beaucoup d'échecs. Cependant, chaque échec m'a apporté une nouvelle leçon ou une nouvelle technique, dont la somme a été la réalisation de la Voie de l'Aïki. En plus de ces histoires, j'ai connu bien d'autres situations où se jouait la vie ou la mort, étant attaqué par des gens armés de bokken ou même de vrais sabres.

C'est ces expériences qui m'ont permis de suivre la voie du Shugyo que je poursuis aujourd'hui encore.

Tanren — c'est l'idée de forger et de polir le corps. Cette notion est aussi commune dans les écoles de karaté traditionnelles.

Shugyo — discipline ascétique, entraînement intense.

Citation

L'échec est la clé du succès
chaque erreur nous apprend quelque chose.

"Morihei Ueshiba"

Nous Contacter